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15 décembre 2014

Théâtre :: Mariage de Maastricht

Axel, Anna, La Maire, Le Sous-fifre, La Stagiaire, Le Curé, Dieu et les invités.

Dimanche, 14h00.

A l’extérieur.

Axel et Anna se rendaient à l’église pour se marier. Non pas qu’ils voulaient un mariage religieux mais la mairie était aménagée dans la nef de l’église. Cela faisait partie de la réforme des institutions et du plan d’économie engagés par le gouvernement le 06 mai 2012.

Les mariés précédents trainaient les pieds à la sortie de l’église-mairie et prolongeaient ce moment artificiel devant les clowns ambianceurs de la troupe des Prévenants de l’Avenir, intermittents du spectacle payés par les Restos du Cœurs.

Les mariés suivants, Axel et Anna, étaient de bonne humeur, impatients de découvrir ce qu'il y a dans cette fameuse salle de mariage. Autour d’eux, les invités, sauf les menteurs et les plus jeunes, pensaient que la déception les attendait pleine de fadeur et de vanité.


Dans le bureau de la Maire.

La Maire, dégoutée de travailler un dimanche, était à son 6ème mariage de la journée. Elle devait en célébrer un toutes les 30 minutes sans quoi elle ne touchait pas sa prime et risquait d’être dégradée au poste de Sous-fifre.

Le Sous-fifre de la Maire était habillé avec 20 ans de retard d'un costume vert de marque RATP, large sur ses épaules, et d'une cravate en forme de serf-volant.


Sous-fifre :           Ce sont les patrons qui ont fait tout ça!
Stagiaire:             C’est pour notre bien, sinon nous perdions nos emplois.
Sous-fifre :           Idiote.
Stagiaire :             Je ne vous permets pas !
Sous-fifre :           Moi, si.
Stagiaire :             Je vais le dire à la Maire.
La Maire, d’une voix monotone et désintéressée, à la stagiaire : Qu’allez-vous me dire ?
Stagiaire :             Qu’il m’a traitée d’idiote.
La Maire :             Si c’est au sujet du mariage, il a certainement raison.
Le Sous-fifre :       Non, c’était au sujet de la mairie.
La Maire :            Tout le monde s’en fout ! (Un bref instant de silence.) Vous rajoutez de l’ennui à l’ennui. Trouvez-vous un meilleur sujet de querelle, plus vif, plus prenant.
Stagiaire :             Mais, euh…
La Maire, qui l’interrompt : Mais, ça va, foutez-moi la paix avec vos illusions. Partez si ça ne vous plait pas.
Sous-fifre, agacé :             Idiote.
La Maire :             Je ne vous permets pas !
Sous-fifre :             Moi, si.
La maire :             Mais, euh…
Sous-fifre, qui l’interrompt : Mais, ça va, foutez-nous la paix avec vos illusions. Virez-moi si ça ne vous plait pas.
La Maire :             Vous savez bien que je ne le peux pas.
Stagiaire :             Idiots.
La maire et le Sous-fifre : Mais, je ne vous…

Axel et Anna, à 14h31, apparurent au seuil de la porte et venaient demander si la cérémonie pouvait commencer. Les ex fonctionnaires se turent avec un sentiment d’inachevé, ravalé leurs états d’âmes et reprirent leur aigreur habituelle, sans couleur sentimentale.

La Maire, aux futurs époux : Oui, nous pouvons commencer. Sous-fifre, allez-y.


Le Sous-fifre sortit du bureau de la Maire, suivi d’Axel et d’Anna, et partit convoquer les invités pour le suivre jusqu’à la salle des célébrations.

Axel, à l’adresse du Sous-fifre, ironique, tentait de faire rire Anna : Vous mettez toujours le même costume ?

Le Sous-fifre ne répondit pas. Anna rigolait discrètement et serrait plus fort l’avant-bras de son futur mari.

Le Sous-fifre installa les invités par quelques instructions désinvoltes et pressées. Ceux-ci regardaient le plafond et ses peintures dégradées, sauf une artiste ratée qui s'acharnait sur son appareil photo.

Le silence s’était établi comme dernier invité. Le Sous-fifre quitta la salle, et le Curé de l’église vint devant le pupitre et entamait son discours en paraphrasant Jésus de façon approximative. Il prononçait le mot « amour » à chaque fin de phrase.

Nous sommes réuni ici pour célébrer l’union d’Axel et d’Anna, amour.
Les voix de l’amour sont impénétrables, amour.
Jésus est amour, amour.

Puis il jeta un œil au Jésus somnolent sur sa croix, et lui dit en murmurant entre deux phrases : Qu’est-ce que tu me regardes comme ça ?!

Le murmure ayant été amplifié par le micro, tous les invités se sont tournés vers Jésus, inerte, puis vers le Curé qui finissait de prononcer une autre phrase.

… amour.

Le Sous-fifre revint dans la salle dans l’indifférence totale en se dirigeant vers le pupitre. Il poussa la Bible du Curé et son chapelet comme s’il nettoyait le pupitre et posa ses feuilles vieillies sur lesquelles était écrit son protocole de cérémonie.

Sous-fifre, au Curé : Allez, dégage. C’est bon !

Le Curé, content tout de même d’avoir pu dire quelques mots, prit sa Bible d’une main et leva l’autre pour dire au revoir avec un grand sourire. L’audience l’applaudit sur son trajet vers la sortie par la porte de gauche. Une fois la porte franchie et fermée, on entendit une discussion qui s’éloignait.

Le Curé : Alors, pas mal, non ?! … amour.

Le Sous-fifre reprit vite le micro et couvrit entièrement le début de discussion d’à coté.

Sous-fifre, à l’adresse d’une femme, au fond : Vous, là, allez, rentrez dans le rang, rapprochez-vous. Nous n’avons pas la journée !

Axel, d’une voix gaie, à l’oreille de Anna : Il joue.
Anna :             Je sais.
Sous-fifre, à leur adresse : Vous n’allez pas vous y mettre vous aussi ! Bon, je vais chercher la Maire.


La Maire entra dans la salle, suivie par la stagiaire. Elle lut les articles de loi sans aucun préliminaire.

Un invité, à son voisin, au sujet des articles de loi :             C’est une condamnation ?
Un autre invité :             Non, juste un engagement.
Un troisième :                Pareil.

Puis la stagiaire lut à haute voix le contrat de mariage plein de bonnes intentions et de convictions catho-républicaines.

Un invité, à son voisin : N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi.
Un invité basané :             C’est dans le Coran ça.
Le premier invité :            Cioran, idiot !


Les discours terminés, les mariés se sont assis à une table, l’un face à l’autre, pour signer les contrats, tandis que la Maire sortit fumer une cigarette. Le Sous-fifre mit de la musique classique. Elle accentuait le fait qu'en dehors d'elle, il n'y avait aucune passion dans cette Mairie.

Pendant les quarante signatures, dernier espoir de tenue des promesses des époux, la plupart des invités se chuchotaient des amabilités.

Un invité, aigri :      Regardez où vont nos impôts locaux !
Son voisin :             A Jésus ?
Le premier invité :  Pas seulement. Aux patrons aussi.
Son voisin :             Ils n’ont rien à voir la dedans.
Le premier invité:   Pas à l’intérieur.
Son voisin :             Je veux dire qu’ils ne touchent rien.
Le premier invité :  Et tu crois que les mairies se sont installées dans les églises de leur propre chef ?!
Son voisin :             Ca me paraît probable.
Le premier invité :  Il ne s’agit pas de probabilité.
Son voisin :             Je sais, il s’agit de foi, de joie, d’amour.
Le premier invité, agacé : C’est ça. (A lui même) Diables de patrons ! (Il crache par terre).
Son voisin, qui avait entendu mais n’avait pas vu le crachat :             Comment ?!
Le premier invité : Je disais alléluia.

Son voisin souriait, il avait acquis la conviction que son voisin adhérait à ses propos.

Jésus, avachi sur sa croix observait et écoutait avec intérêt les deux invités. N’ayant pas protesté durant l’installation de la mairie dans l’église, il trouvait inutile qu’il le fasse pendant les mariages.

De nouveau, on entendait la voix du Curé de l’autre coté, à moitié couverte par la musique.

Le Curé :               Vous n’allez pas m’en vouloir à chaque fois. J’ai quand même tenu 5 minutes et j’ai placé 100 fois le mot « Amour » dans mon discours !
Une autre voix :     Tu n’as tout de même pas atteint tes objectifs. Tu peux dire au revoir à ta prime ce mois-ci.
Le Curé :               Mais, Seigneur…

Les invités, soudain silencieux, avaient tourné leurs têtes vers là d’où venaient les voix.

L’autre voix, énervée : Il n’y a pas assez de monde à tes mariages. Tu sais combien me coute la marque déposée « Amour » ?! Il en faut des mariages pour que je la rentabilise !


La Maire revint par la porte de droite, écharpe tricolore mise en ceinture. Au même moment, un homme entra par la porte de gauche, d’où venait la voix énervée, et croisa la Maire sans qu’ils échangent un regard. Il était habillé en costume noir, chemise blanche, cravate noire et portait une valise diplomatique.

Les têtes des invités-tournesols suivaient le mouvement de cet homme dans le silence.

Un invité, d’une voix discrète et terrifiée : Dieu !
Son voisin : Quel idiot !

L’homme traversa la salle d’une traite, suivi de près par le Curé. Celui-ci regardait les invités en levant sa main et sa bible et répétant « Amour. Que l’Amour vous bénisse ». Il avançait avec hâte, ce qui le fit, au moment où l’homme en costume arriva à la porte de sortie, chuter contre celui-ci. La valise lui tomba de la main et s’ouvrit. Des dizaines de coupons de jeux à gratter sur lesquels était écrit « Amour » s’éparpillèrent par terre. Le Curé, confus, et Dieu, pas content, se mirent à les ramasser.

Un invité : Je le connais cet homme. J’ai du le voir à l’usine Machelin quand j’ai commencé à travailler. Oui, c’est lui, c’est mon ancien patron !

Sous-fifre, à l’adresse de cet invité : Vous, là, sortez. Vous ne comprenez rien ! Nous n’avons pas de temps à perdre ! (Il est allé vers lui et le prit par le haut du bras et l’accompagna jusqu’à la porte de sortie.) Allez, ouste !

Puis il revint sur ses pas, mis fin à la musique classique, annonça qu’il était 15h55 et donc la fin de la cérémonie.La Maire se ordonna à la stagiaire de virer les invités. Celle-ci s’exécuta avec joie, ceux-ci riaient de joie et applaudissaient les mariés. « Vive les mariés, vive les mariés » scandaient-ils au milieu du crépitement des flashs de leurs SillyPhones.

Dehors, les clowns étaient contents qu’une personne sorte enfin. Les uns activèrent leurs trompettes en libérant leur joues gonflées, les autres se mirent à faire s’entrechoquer des couvercles de marmites, et encore d’autres à jeter des quilles dans le ciel au dessus des invités.
Derrière eux, le Sous-fifre et la stagiaire étaient exaspérés, poussant le dernier invité à l’extérieur.

La Maire : fermez moi cette porte, vite !

« Vive les mariés, vive les mariés » s’éloignait remplit de promesses.

15h01, un nouveau couple venait demander à la Maire si la cérémonie pouvait commencer.


07 décembre 2014

Extrait N°6 :: Vote des étrangers (Malaises français, défis algériens)

Extrait du Chapitre 2 : Un malaise avec l'égalité - Le vote des étrangers

Le vote des étrangers n’est pas une question politique (comme le prétend la Gauche au pouvoir) ni même celle d’un vivre ensemble (comme celle de la laïcité), encore moins une question de droit (comme celle du mariage gay) : il s’agit d’une question de civilisation, de modernité ; il s’agit de donner un nouvel élan, un sens additif à la démocratie (vieillie depuis Platon, galvaudée par les querelles Gauche- Droite et salie par bien des dictateurs). 

Posons-nous une question plus générale qui répond en même temps à celle du vote des étrangers : ne sommes-nous pas devant une nécessité de renouveau civilisationnel à ce 21ème siècle aux débuts foireux ?! 

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29 novembre 2014

Mon 1er roman :: Les maudites (2ème édition)

J'ai le plaisir de vous annoncer que la 2ème édition de mon 1er roman Les maudites, publié en 2007, vient d'être publiée chez Edilivre.


Vous pouvez vous le procurer:

- Chez les libraires de votre quartier (que vous soyez en France, en Belgique ou en Suisse)
- Sur les sites internet de vente en ligne tels que (liens directs) : Fnac, ChapitreAmazon, etc.
- Sur le site de l'éditeur: Edilivre
- Sur la Place des Libraires (qui permet de commander le livre et de le retirer dans n'importe quelle librairie)



Thème : Roman psychologique
Nombre de pages : 170

4ème de couverture:


Extrait: « J’avais grimpé dans sa voiture, il avait vu l’ampleur de mon chagrin sans savoir que Feriel ne m’avait pas dit au revoir. Il m’avait tapoté l’épaule et me disait : "Allez, mon garçon, tu vas revenir bientôt."

[…] Devant ma mère, je montrais tout mon courage et tout ce qui me restait comme sourire et inventais des rires. Je m’étais obligé à lui faire croire ce qu’elle avait toujours cru : son fils, brillant à l’école, partait terminer ses études en France. C’était ce bonheur que je voulais lui laisser comme souvenir. »

Les Maudites raconte l’histoire d’Anzar, de Feriel, son amante, et de Na-Baya, sa mère aimante. Il aidera la première à fuir son village pour vivre libre à Oran avant d’aller retrouver son père à Paris pour rendre justice à la triste vie de la seconde.



Merci à tous les lecteurs et lectrices.

22 novembre 2014

Extrait N°5 :: Quartiers populaires (Malaises français, défis algériens)

Extrait du Chapitre 2 : Un malaise avec l'égalité - Quartiers populaires


En France, on ne colmate probablement pas les brèches mais on sait bien maquiller les grosses laideurs. A chaque erreur collective, politique ou sociale, on invente un concept sémantique et vicieux qu’on dilue dans toutes les sauces, faisant croire, même à ceux qui en goutent l’amertume, qu’il s’agit d’une solution. Tel est le cas des fameux « Quartiers populaires », cette arnaque sémantique, une espèce d’erreur consciente construite sur plusieurs décennies et de laquelle on distille presque un parfum d’une France rurale, voire provençale.
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03 novembre 2014

Extrait N°4 :: De la rénovation citoyenne (Malaises français, défis algériens)

Extrait du Chapitre 1 : Un malaise avec les étrangers - De la rénovation citoyenne


Pour ceux qui font de l’identité nationale française simplement une identité judéo-chrétienne, je les invite, avec un esprit conciliant, à reconsidérer l’apport de l’Orient non judéo-chrétien, mais pas seulement, à cette même identité dans ce qu’elle a de meilleur : son progrès dans les sciences, dans la philosophie et dans l’architecture par exemple. A moins qu’ils considèrent le monde et l’Histoire d’une façon purement statique et qu’ils veuillent garder leurs œillères. N’est-ce pas le vieux Winston Churchill qui disait: «Plus loin on regarde vers le passé, plus loin on voit vers l’avenir. » ? On me dira que Winston Churchill est anglais et que l’Angleterre est l’antithèse de la France. Une façon

banale, et habituelle de décrédibiliser une pensée sage, fut-elle dite par un ennemi.

Et, il est un pur hasard que la rédaction de cet article se déroule en Andalousie, ce pont indestructible de l’humanité que Maïmonide, Averroès et tant d’autres ont construit et offert au monde pour bâtir de nouvelles civilisations. 
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19 octobre 2014

Algérie :: Est-ce que ce monde est sérieux ?!

S'assoir ici, sur cette chaise délabrée, sous la hogra du soleil. Se couvrir de la clémence de ce noyer et observer ces millefeuilles de valons plantés de chaines et d'oliviers glisser de tribord et de bâbord. Voir, au loin, entre ces montagnes, ce décolleté de plaines qui vont scintiller ce soir pour imiter la voie lactée. Regarder ces montagnes et se rappeler du meurtre de Hervé Gourdel salir cette paisible Kabylie....


Se rendre à Tizi, avec ses voitures innombrables, ses vacarmes incessants, voir sa poussière de partout entacher chaque arbre inconsidéré, voir ce tout inachevé et bétonné. Voir et entendre ces adolescents sortir de leurs lycées pleins de mondes féériques, voir des bambins baragouiner du français, et voir leurs parents se lamenter de l'avenir de ces derniers.

05 octobre 2014

Extrait N°3 :: La désintégration (Malaises français, défis algériens)

Extrait du Chapitre 1 : Un malaise avec les étrangers - La désintégration

Un amalgame est ancré dans nos mécanismes de pensées et d’action : il y a des citoyens français et des citoyens français d’origine étrangère. Les peurs des uns complètent les malchances des autres et nous nous retrouvons à ressasser de mauvaises questions auxquelles nous pensons tous avoir de bonnes réponses.


Extrait du Chapitre 1 : Un malaise avec les étrangers - Nationalités et schizophrènes imaginaires

Il devient nécessaire, sur ces sujets, de mettre un point d’ancrage, de revendiquer, sans fléchir, une position claire et stable: les cultures venues d’ailleurs ne menacent pas l’identité française, mieux que ça, elles l’enrichissent, à condition de les aborder de façon non exclusive, non invasive. Etre de deux nationalités, quelles qu’elles soient, être multiple, n’est pas un déchirement mais une adhésion, une construction. Et les premiers à le revendiquer comme tel doivent être, d’une voix haute et audible, les étrangers résidents de façon permanente en France, qu’ils aient acquis ou non la nationalité française.
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28 septembre 2014

Extrait N°2 :: Le Français versus l'Autre (Malaises français, défis algériens)

Extrait du Chapitre 1 : Un malaise avec les étrangers - Droit du sol et glissements politiques

Une des grandeurs de la France réside dans le fait que « au fond, tout étranger est un Français en puissance*. » Reste que cette affirmation perd tout son sens dans la politique moderne où il faut répondre vite, instantanément et en se basant sur l’opinion du peuple, souvent craintive, dans une perspective électoraliste. 

(* Frédéric Ferney, Éloge de la France immobile, Ed. Bourin Julliard, 1994)




Extrait du Chapitre 1 : Un malaise avec les étrangers - La tentative Eva Joly

Le malaise sur cette question de l’autre s’est malheureusement illustré dans une affaire des plus symboliques : celle d’Eva Joly quand elle s’était présentée à l’élection présidentielle de 2012.

Cette affaire nous a fait comprendre que la France n’avait pas seulement un problème avec les étrangers issus de ses anciennes colonies (comme on pourrait largement le soupçonner au quotidien) mais elle a un problème, un malaise avec l’autre en tant qu’être n’émanant pas d’elle- même. Cet autre est celui qui n’est pas exclusivement français, c’est-à-dire, ayant renié totalement son passé ou sa culture non hexagonale.

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