Qui n'a pas rêvé de se retrouver loin, dans la vie d'un autre, qui n'a pas rêvé d'une vie libre, suffisamment inconsciente et axée sur le plaisir... quitte à ce qu'elle ne dure qu'une jeunesse...
Il suffit de se retrouver à Barcelone, à Rio, à Lima ou ailleurs, seul, livré à l'inconnu... et le verdict tombe au bout de quelques jours de visites et de rencontres...
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Vas dire au peuple d'un lieu, que rien ne sert d'avoir mille yeux; que s'il s'était lancé sur le monde, il se serait exilé, jamais enraciné.
Dis-lui que rien ne vaut l'inconnu. Dis-lui que tout est ailleurs, il tombera des nues; sur chaque parcelle de Terre se trouve une vie, et dans chacune il aimera se glisser.
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Dis au chauvin de fouler ces ruelles. Qu'il s'y perde et se livre au passé... le présent le rattrapera noyé dans l'admiration.
Dis au pieux, s'il résiste, qu'il est inconscient; passer sans gouter à l'interdit, sacrifier le temps, le plaisir, le vrai.
Oui, dis à l'Imam, au Rabin, au Prètre, au prieur que seul un demeuré reste muet quand sublime une robe, insinue la chaire, et les ébats de minuit...
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Oui...
Oui, révolus le Bien et le Mal,s'affrontent le plaisir et le désir, la vieillesse et la jeunesse, ceux qui vivent et ceux qui patientent...
Oui, condamné à la faillite, à chaque sous se greffe un alcool, un café, une terrasse, une fête, un voyage. Et je bégaye gloire à la folie, au plaisir, à la passion, et mort à la sagesse; que la vie ne dure que la jeunesse...
Ainsi, j'ai choisi, la mort parfaite se fera: une bouteille à moitié vide au chevet, entre les cuisses d'une femme et les seins d'une autre, tel un tableau viendra mon paradis.
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