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13 mai 2011

Economie :: Quatre biais à la mondialisation (1/4)







Après trois décennies de marche vers l'économie de marché, il est frappant de constater que tant d’individus soient sceptiques au sujet de la mondialisation… quand ils ne la rejettent pas entièrement et simplement.

Une lecture rapide peut nous amener à considérer que ce rejet coïncide avec les crises que connaissent ces peuples et qu'il est proportionnel à l'ampleur de ces crises. Cela reste un constat, bien qu'il puisse ne pas être partagé.

Dans les payés développés, souvent, extrême(s) droite(s) et extrême(s) gauche(s) s'en plaignent plus que les autres bords politiques. Mises à part des considérations idéologiques, xénophobes et racistes, n'est-ce pas sur les fausses promesses de la mondialisation que ces deux bords se rejoignent?
Nous voyons, en face de ces fausses promesses, quatre biais à la mondialisation, qu'il convient de continuer à corriger.


Biais 1. Une question de valeurs. La mondialisation a-t-elle des valeurs?

La simple logique de course à la croissance par un marché favorisant la seule rentabilité économique a été le modèle dominant les échanges entre acteurs économiques ces trente dernières années. Modèle axé sur l’accroissement des richesses matérielles qui ne se préoccupe pas de valeurs immatérielles.

Pour l'extrême droite, mondialisation rime avec perte des mœurs, patrimoines, identités et particularismes nationaux. Tantôt elle rappelle les valeurs européennes et les met en valeur pour ne pas dire en bouclier (notamment quand il s'agit de questions d'immigration), tantôt elle rejette des peuples européens dans une sévère critique de l'UE quand il s'agit de délocalisations vers l'Est de l'Europe ou simplement d'ouverture des marchés nationaux à des entreprises européennes.

Pour l'extrême gauche, la perte de la solidarité entre les classes sociales ou économiques (symbolisée par une disproportion qui n'a cessé de croire entre revenu du capital et revenu du travail, recul des prestations sociales, augmentation du temps de travail, augmentation du nombre d'élèves par professeur) est au centre de toutes les revendications. L'extrême gauche désigne, au delà des acteurs politiques, la logique du marché dominée par la rentabilité, la performance financière, et le poids des multinationales, acteurs majeurs de la mondialisation, qui prennent le travail des petites et moyennes entreprises et qui, en plus, contiennent leurs salariés dans des strictes logiques financières qui en font de simples pions ou ressources de production. Cette logique ayant pris de l'ampleur parallèlement à l'ouverture des marchés, et les marchés étant au centre de la mondialisation, celle-ci est vivement critiquée par l'extrême gauche qui milite souvent pour une mondialisation plus juste.

D'autres logiques, telle que celle des écologistes, axent leur rejet de la mondialisation sur la destruction des ressources naturelles et tentent de mettre les enjeux environnementaux au centre d’un nouveau système économique.

Bien que des constats sur l'existence de liens entre mondialisation et valeurs puissent être partagés, il est évident que des organisations politiquement opposées proposent des solutions fondamentalement différentes, justement parce que leurs valeurs respectives ne sont pas identiques.

Force est de constater que si l’économie n’a pas de morale, la mondialisation ne peut pas en avoir une et que, par conséquent, tout réside dans le modèle économique dominant. Modèle qui véhicule forcément les valeurs de ceux qui les mettent en œuvre.

Sur ces questions de valeurs, peut-on dire que seuls les extrêmes sont concernés?!

Crédit Photo: Photo-Libre.fr